Les mille choses à faire… et ce rendez-vous avec soi-même que l’on oublie
Les mille choses à faire… et ce rendez-vous avec soi-même que l’on oublie
La rentrée arrive souvent avec son cortège de listes, d’horaires et d’obligations. Il faut reprendre le travail, organiser les activités, répondre aux messages, remplir les agendas, anticiper les repas, les déplacements, les rendez-vous médicaux, les réunions…
Mille choses à faire, parfois avant même d’avoir eu le temps de sentir comment nous allons.
Au milieu de cette agitation, nous restons attentifs aux besoins de chacun. Ceux de nos enfants, de notre conjoint, de nos proches, de nos collègues ou de notre employeur. Nous essayons d’être disponibles, efficaces, compréhensifs. Nous répondons aux demandes, souvent avant même qu’elles aient été clairement formulées.
Et le rendez-vous avec nous-mêmes est une fois encore reporté.
S’accorder la priorité : facile à dire…
« Prends du temps pour toi. »
Le conseil est bien intentionné, mais il peut finir par ressembler à une tâche supplémentaire. Il faudrait trouver une heure libre, pratiquer une activité, méditer, marcher, se détendre… Autant de bonnes idées qui viennent parfois s’ajouter à une journée déjà trop pleine.
Lorsque nous n’y parvenons pas, nous pouvons même nous reprocher de ne pas savoir prendre soin de nous. La recherche d’apaisement devient alors une nouvelle pression.
Mais s’il ne s’agissait pas d’ajouter quelque chose à notre emploi du temps ?
Et si le rendez-vous avec soi-même pouvait avoir lieu au cœur de la vie telle qu’elle est déjà ?
Et s’il ne s’agissait pas de temps, mais de présence ?
Être présent à soi ne demande pas nécessairement de s’isoler ni d’interrompre ses activités. Cela commence par remarquer ce qui est là pendant que nous les accomplissons.
Préparer le petit-déjeuner en sentant réellement l’eau couler sur nos mains. Marcher jusqu’à la voiture en percevant l’air sur notre visage. Écouter une personne sans préparer mentalement notre réponse. Sentir une tension dans notre corps avant de répondre trop vite. Reconnaître notre fatigue au lieu de faire comme si elle n’existait pas.
Ce sont des instants très simples. Ils ne prennent pas plus de temps, car ils se glissent dans le temps déjà vécu.
La présence ne consiste pas à accomplir parfaitement chaque geste ni à rester constamment calme et concentré. Elle permet simplement de voir lorsque nous sommes emportés par nos pensées, nos automatismes ou notre empressement. Dès que nous le remarquons, nous sommes déjà revenus.
Il n’y a rien à réussir.
Se rendre disponible sans se perdre
Comment être véritablement réceptif aux besoins de sa famille, de son patron ou des autres si l’on ne s’accorde jamais la priorité ?
S’accorder la priorité ne signifie pas devenir indifférent aux autres. Il ne s’agit pas non plus de faire passer systématiquement ses envies avant les leurs. Cela signifie ne plus s’absenter de sa propre vie pour répondre à toutes les attentes.
Lorsque nous ne nous écoutons pas, nous pouvons dire oui alors que tout en nous se contracte. Nous pouvons aider avec impatience, écouter sans entendre ou donner en espérant secrètement que quelqu’un remarquera enfin notre épuisement.
À l’inverse, lorsque nous reconnaissons ce que nous ressentons, notre disponibilité devient plus juste. Un oui peut être pleinement un oui. Un non peut être posé sans accusation. Une limite peut apparaître sans qu’il soit nécessaire de la défendre longuement.
Nous ne sommes plus seulement en train de réagir à ce que la situation exige. Nous y sommes présents, nous aussi.
Un rendez-vous qui peut commencer maintenant
Peut-être pouvez-vous interrompre votre lecture pendant quelques secondes.
Sans chercher à modifier quoi que ce soit, remarquez simplement votre respiration. La position de votre corps. Les bruits autour de vous. Une éventuelle tension dans les épaules, le ventre ou la mâchoire.
Puis posez-vous doucement cette question :
Qu’est-ce qui est présent en moi, maintenant ?
Il n’est pas nécessaire d’obtenir une réponse claire. Il suffit parfois de rester là quelques instants, sans analyser et sans corriger.
Ce rendez-vous avec soi-même ne figurera peut-être jamais dans l’agenda. Il peut pourtant accompagner chaque moment de la journée : une conversation, un déplacement, une attente, une tâche ordinaire ou une décision importante.
La rentrée continuera avec ses horaires, ses demandes et ses mille choses à faire. Mais nous pouvons cesser de la traverser en étant toujours ailleurs : dans l’action suivante, la pensée suivante, l’obligation suivante.
Nous n’avons pas besoin d’ajouter du temps à notre vie pour la rencontrer.
Nous avons seulement à être là.
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